En ouverture de la 4e journée de Ligue 1, le Stade Rennais, cinquième au coup d’envoi avec 7 réalisations, accueillait l’Olympique de Marseille, dixième et qui restait sur deux revers de rang. Au Roazhon Park, les hommes de Bruno Génésio espéraient donc retrouver le chemin de la victoire et s’organisaient en 4-2-3-1 avec Harit, Gomes et Paixao en soutien de Gouiri. De son côté, Franck Haise optait lui pour un 4-3-3 où Soumaré et Blas animaient les ailes autour de Lepaul. Une rencontre donc très importante pour les deux équipes qui ne pouvaient se contenter que d’un succès ce soir.
Dans une première période rythmée et ouverte, Marseille a pris le jeu à son compte sous l’impulsion d’un Pierre-Émile Hojbjerg omniprésent et d’un Amine Gouiri dans tous les bons coups. Multipliant les mouvements offensifs, l’OM s’est procuré les meilleures opportunités, butant notamment sur un Brice Samba décisif face à Igor Paixão (11e) ou face à la frappe puissante de Timothy Weah claquée par le portier rennais (32e). Malgré la maîtrise phocéenne et quelques fulgurances bretonnes signées Ludovic Blas avant la pause, les deux formations ont rejoint les vestiaires sur un score nul et vierge. En difficulté dans un premier temps face à des Phocéens avec plus de maîtrise, Rennes est monté en puissance dans sa rencontre.
Mousa Al-Tamari a changé la face de Rennes
Le tournant de la rencontre est intervenu dès le retour des vestiaires avec l’entrée en jeu de Mousa Al-Tamari côté rennais. Plus incisifs, les hommes de Franck Haise ont concrétisé leur temps fort à la 52e minute : sur un centre de Blas, redressé de la tête par Al-Tamari, Adrien Thomasson a ouvert le score à bout portant (1-0, 52e). Dos au mur, l’OM a manqué de réussite pour égaliser, à l’image du tir d’Hojbjerg repoussé par Samba (58e), tandis que Rennes a manqué le break à sur un tir de Thomasson sur la barre (72e). Igor Paixao a répondu dans la minute en fracassant la barre transversale de Samba (73e).
Malgré le coaching offensif de Bruno Genesio et une pression marseillaise en fin de match, le Stade Rennais est parvenu à préserver son avantage jusqu’au coup de sifflet final. Dans les dernières minutes, l’OM a jeté ses dernières forces dans la bataille pour arracher l’égalisation. Le Stade Rennais a toutefois fait le dos rond avec solidarité, s’appuyant sur un Brice Samba à nouveau impeccable sur sa ligne devant la tête de Derek Cornelius à la 93e minute pour sceller la victoire bretonne. Au classement, Rennes fait la bonne opération avec cette premièe place du classement. De l’autre côté, Marseille a été intéressant en première période. Pourtant, les Phocéens enchaînent avec une troisième défaite de rang en championnat en quatre journées. Pas rassurant avant le Classique face au PSG la semaine prochaine.
– L’homme du match : Thomasson (7,5) : aligné dans l’entrejeu, l’expérimenté milieu de 32 ans n’a pas vraiment été en vue en début de match. En difficulté face à l’intensité phocéenne, il n’a pas failli pour autant et est progressivement monté en puissance. Opportuniste après une remise de la tête d’Al-Tamari, il libérait finalement les siens au début du second acte (52e). De plus en plus présent, il a symbolisé le danger mis par les Bretons et aurait même pu s’offrir un doublé si sa frappe n’avait pas fracassé la barre marseillaise (72e). Impérial dans le duel, impressionnant dans la répétition des efforts et juste techniquement, il a finalement livré un match XXL.
Rennes
– Samba (6,5) : décisif dès les premières minutes pour repousser la frappe à bout portant de Paixao (11e), l’international français brillait encore sur la lourde frappe de Weah (32e). Impérial, il était encore irréprochable sur la frappe au premier poteau d’Harit (51e) et celle en première intention d’Höjbjerg (58e). Une prestation très aboutie.
– Frankowski (6,5): aligné dans un rôle de latéral droit, l’ancien joueur de Lens a souvent peiné face à la technique de Paixao, toujours aussi percutant. Sur le plan offensif, le Polonais s’est toutefois distingué par quelques montées tranchantes et des centres qui auraient mérité mieux. Averti d’un carton jaune après s’être chamaillé avec Paixao (43e), il a livré un match très intéressant dans l’ensemble. Remplacé par Reynolds (68e).
– Cresswell (6,5) : au coeur de la défense rennaise, l’Anglais de 24 ans a bien tenu son rang face à la pression marseillaise. Solide dans les airs et précis dans ses interventions, il a constamment fait preuve d’autorité. Une présence qui a rassuré ses coéquipiers et progressivement dégoûté les Olympiens.
– Rouault (6) : titulaire régulier au poste, l’arrière français a lui aussi souvent joué les pompiers de service en première période pour repousser les ballons chauds. Concentré, il a ensuite profité de la domination des siens pour vivre une seconde période plus tranquille même s’il peut remercier la barre transversale qui aura repoussé sa tête défensive (73e).
– Nagida (6) : impressionnant ces dernières semaines, l’arrière-gauche camerounais a rapidement dû s’employer face à l’activité d’Harit. Parfois pris dans son dos, il aura eu le mérite de préserver l’essentiel avant, lui aussi, de monter en puissance. Au retour des vestiaires, il a écœuré les offensifs marseillais en prenant le dessus à chaque fois.
– Camara (5) : dans un rôle de milieu relayeur, le milieu de 28 ans est progressivement monté en puissance. D’abord bousculé par la mobilité marseillaise, il a retrouvé au fil des minutes un impact certain, à l’image de sa seconde période où il a participé à l’emprise du milieu de terrain des Bretons. Auteur d’une frappe lointaine dans le dernier quart d’heure (76e), il a participé pleinement au réveil rennais. Un match sérieux.
– Rongier (7) : présent en tant que sentinelle, le capitaine du SRFC a connu un début de match difficile. Mis en difficulté par le milieu marseillais, il a malgré tout bien œuvré pour couper les trajectoires. Auteur d’une première frappe cadrée (21e), il ne pouvait que s’incliner face à la technique soyeuse de Gouiri et un petit pont dévastateur (27e). Un geste qui ne l’a pas empêché de rester mobilisé et de parfaitement quadriller sa zone. Un nouveau match de patron.
– Thomasson (7,5) : voir ci-dessous.
– Blas (6) : sur le côté droit de l’attaque bretonne, l’ancien Nantais n’a pas vraiment été en réussite lors des 45 premières minutes. Maladroit techniquement et globalement bien contrôlé par Palmieri, le numéro 10 rennais se distinguait toutefois après la pause en délivrant un centre parfait à l’origine de l’ouverture du score des Rennais. Auteur d’une nouvelle tête cadrée (57e), il aura réalisé un match cohérent. Remplacé par Szymański (78e).
– Lepaul (3) : auteur de 3 buts depuis le début de la saison, l’ex-attaquant d’Angers a vécu une première période très compliquée. Jamais trouvé par ses partenaires, il n’a absolument pas pesé sur la défense olympienne. Inexistant dans le jeu, si ce n’est cette ouverture intéressante pour Blas (38e), il n’a pas été plus séduisant en seconde période. Un match à oublier. Remplacé par Dia (78e).
– Soumaré (3) : arrivé du Havre, l’ailier gauche des Rouge et Noir n’a pas été beaucoup servi en début de match mais il a su bonifier les quelques ballons joués. Sa seule réelle occasion du premier acte ? Une tête non cadrée (26e). Trop peu en vue, il cédait finalement sa place dès la fin du premier acte. Remplacé par Al-Tamari (45e). L’ancien Montpelliérain a rapidement apporté de la profondeur. Très actif, il remisait parfaitement pour Thomasson, auteur de l’ouverture du score (52e). Sur un nouveau centre parfait, il était tout proche d’offrir le doublé à Thomasson. Sa rentrée restera définitivement l’un des tournants de ce choc. Agacé, à juste titre, par le choix de son coach, il cédait sa place en fin de match. Remplacé par Mayenda (86e).
OM
– De Lange (4) : longtemps peu inquiété dans une première période globalement intéressante de l’OM, il avait répondu présent devant Blas juste avant la pause. Mais la physionomie a complètement changé après le retour des vestiaires. Avec une équipe marseillaise qui a perdu en maîtrise et laissé davantage d’espaces, le Néerlandais a été beaucoup plus sollicité. Et il a montré quelques limites dans ses sorties aériennes. Pas grand chose à faire sur le but rennais au retour des vestiaires.
– Weah (3,5): une première période intéressante, avec beaucoup d’activité et cette superbe frappe des 30 mètres claquée par Samba. Mais défensivement, l’Américain a ensuite vécu une soirée bien plus compliquée. Mis en difficulté dans son couloir après la baisse d’intensité marseillaise, il a souffert face aux offensives rennaises et n’a pas toujours réussi à fermer les espaces. Il a laissé d’ailleurs plusieurs fois Al-tamari dans son dos et il est loin du Jordanien au marquage sur le premier but.
– Egan-Riley (5) : plutôt correct pendant la première période, lorsque l’OM contrôlait le ballon et le rythme de la rencontre. Mais comme l’ensemble de la défense, il a davantage souffert lorsque Rennes a pris confiance. Moins maître de ses interventions et exposé par les déséquilibres de son équipe, il a vécu une deuxième période un peu plus délicate avec quelques duels perdus dans sa surface. Mais il a aussi réalisé des interventions intéressantes quans son équipe se découvrait en fin de rencontre.
– Aguerd (5) : le Marocain monte petit à petit en puissance physiquement et cela se ressent dans ses interventions et sa manière de jouer. Auteur d’un excellent geste défensif face à Blas en première période, il a longtemps apporté de la sérénité. Mais il a fini par être mis sous pression lorsque l’OM a perdu le contrôle du match. On a aussi senti clairement sa baisse de forme sur le plan physique et cela se ressent dans ses prises d’initiative où il monte à contre temps au pressing et pénalise son équipe. Remplacé par Derek Cornelius à la 88e.
– Emerson (4) : disponible dans son couloir et impliqué dans les phases offensives en première période. Mais il a lui aussi été emporté par la baisse de régime collective. L’OM a progressivement perdu en agressivité et en maîtrise, laissant davantage d’opportunités à Rennes pour s’installer et sur son côté gauche, il il a souffert dans le duel surtout face aux entrants.
– Højbjerg (4) : présent à la récupération dans le premier acte, le Danois s’était également procuré plusieurs situations de frappe. Mais son influence a diminué au fil de la rencontre, à l’image d’un OM qui a progressivement perdu la bataille du milieu. Moins en contrôle, les Marseillais ont laissé Rennes imposer son rythme et reprendre confiance et c’est surtout parce qu’il a semblé moins frais dans son pressing et balle au pied. Comme souvent, il enchaîne les mauvais choix balle au pied, surtout dans les transitions.
– Abdelli (5) : une première période très sérieuse dans le travail de l’ombre, même s’il avait été averti pour avoir stoppé un contre rennais. Après la pause, il a eu davantage de mal à contenir les transitions adverses. Avec une équipe moins intense et moins bien organisée, le milieu marseillais a été davantage exposé. On en attend plus de lui surtout offensivement où il peine à faire des différences. Mais à la relance, il ne panique pas et aide à bonifier les ballons. Mais sur ses prises d’initiative, il laisse souvent Gouiri et Harit se débrouiller pour faire des différences. Remplacé par Neal Maupay à la 78e.
– Gomes (3) : encore trop maladroit. Capable de quelques bonnes séquences, comme lorsqu’il avait parfaitement progressé avant de servir Højbjerg dans la surface, l’Anglais a néanmoins encore laissé beaucoup de déchet dans son jeu. Il a notamment manqué plusieurs occasions franches et ne parvient pas à se connecter avec Harit et Gouiri sur les transitions. Une présence trop timide dans la surface. Lorsque l’OM a perdu la maîtrise du match, il n’a pas réussi à apporter suffisamment de calme et de précision pour remettre son équipe dans le bon sens et il a disparu. Remplacé par Keyliane Abdallah à la 65e qui n’a pas vraiment existé.
– Harit (7) : l’un des meilleurs Marseillais, encore. Très en jambes en première période, le Marocain a multiplié les éclats techniques, les prises de balle et les différences dans les petits espaces. Toujours aussi à l’aise ballon au pied, il a été l’un des rares à donner de la créativité à l’OM. Il ne se cache jamais et essaye de prendre le jeu à son compte. Il n’est pas passé loin de l’égalisation sans un bon sauvetage de Samba. Au fil du match, il a reculé pour venir chercher les ballons bas et aider son équipe. Mais il ne peut pas tout faire…
– Gouiri (6) : lui aussi avait démarré très fort. Très mobile, inspiré techniquement comme sur ce petit pont somptueux sur Rongier et capable de créer du danger à chaque prise de balle, l’Algérien a encore affiché une belle entente avec les autres joueurs offensifs. Mais il a fini par être beaucoup moins trouvé après la baisse de régime marseillaise. Une nouvelle prestation intéressante, sans parvenir à faire basculer le match et c’est forcément frustrant pour lui tant il a tenté de se montrer disponible et de décrocher. Remplacé par Faris Moumbagna à la 88e.
– Paixao (4) : encore insuffisant. Le Brésilien a eu quelques opportunités et a tenté d’apporter de la percussion, mais il a une nouvelle fois manqué de justesse dans les moments importants. Son activité ne masque pas son manque d’efficacité et son influence sur son aile. Dans un match où l’OM avait besoin de ses individualités pour retrouver le contrôle, il est resté en dessous des attentes. Physiquement, il semble aussi avoir un coup de moins bien en seconde période. Remplacé par Tadjidine Mmadi à la 88e.
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